En tant que prestataire œnotouristique le vigneron est-il en passe de devenir un animateur culturel du territoire?

 

Le vigneron ainsi que défini dans le Petit Robert est : « la personne qui cultive la vigne, fait le vin ». On est loin de toutes les compétences et de tous les métiers qu'exercent réellement les vignerons.

En effet, qui connait un vigneron ou une vigneronne sait qu'un vigneron de nos jours ce peut être :

 

- un paysan qui cultive sa terre,

- un technicien ou un œnologue qui élabore son vin,

- un jardinier qui façonne un paysage,

- un industriel parfois,

- un chef d'entreprise, toujours, alliant gestion financière, commerciale et management,

- un commercial,

- un communiquant pro du "print" et du "web"

-...

 

Et à toutes ses fonctions se rajoute désormais un volet tourisme requérant tout son professionnalisme dans l'accueil, ses talents de pédagogues, son imagination pour créer des moments de rencontres originaux et conviviaux. 

 

En effet, « faire de l'œnotourisme » ce n'est plus seulement mettre un panneau ouvert sur sa porte et attendre les cars de touristes déversant un flot de personnes âgées venant satisfaire une petite envie de découverte du vin et une grosse envie d'achat du dit vin. 

 

Désormais le touriste, oenophile, expert ou néophyte, veut être séduit, conquis, il veut qu'on l'accueille et pas seulement qu'on lui laisse la possibilité d'entrer. 

 

Il veut qu'on lui explique, qu'on lui donne les clés pour comprendre, il souhaite qu'on l'initie. Et en plus il faut faire cela si possible dans sa langue, avec le sourire, du lundi au dimanche, toute l'année même pendant les vendanges. Eh oui, le touriste désormais souhaite que l'on « mérite » sa venue et ses dépenses. Il veut qu'on le séduise.

 

Et comme s'il est séduit, il achète plus et peut devenir ambassadeur du produit une fois rentré chez lui, alors il faut lui en proposer toujours plus, notamment pour damner le pion à la concurrence du vigneron voisin, de l'appellation voisine, du pays viticole voisin... Évidemment l'oenotouriste s'inscrit dans un contexte de tourisme mondial.

 

Alors, pour se différencier le vigneron rajoute désormais une nouvelle corde à son arc, il organise des expositions, des concerts, des représentations théâtrales, des diners-débats, des balades dans les vignes à la découverte des paysages et de l'ampélographie, des soirées contes traditionnels,... le tout pour attirer et fidéliser une clientèle touristique toujours plus volage.

 

On le voit donc, le vigneron se transforme peu à peu en acteur culturel. Il défend un ou des artistes. Il prépare une programmation culturelle estivale. Il « irrigue » le monde rural en lui offrant un accès à la culture. 

 

En ouvrant leurs portes aux touristes, pour vendre plus et/ou mieux, pour augmenter leurs marges, pour aller à la rencontre de leurs clientèles, les vignerons s'attendaient-ils à entrer dans le monde de la culture ? Mais il est vrai qu'il n'y a finalement que 5 lettres qui séparent agriculture et culture. 

 

Ainsi donc désormais, la culture en milieu rural doit aussi se penser avec les vignerons qui peuvent tout à la fois être mécènes, défenseurs et animateurs du patrimoine mais aussi programmateurs culturels. Leur implication culturelle et touristique, non seulement favorise la pérennité de leurs exploitations, mais aussi la pérennité du patrimoine bâti, paysager et vernaculaire du monde viticole et offre aux populations locales comme aux touristes une possibilité de s'ouvrir aux mondes de la culture et du vin.

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